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Bruxelles a entamé sa tournée des secteurs en pénurie

Publié le 19 mai 2022 Mis à jour le 19 mai 2022

Après l'horeca, des tables rondes réunissant acteurs publics et privés sont prévues pour la construction, la logistique, le numérique et les industries technologiques.

En Région bruxelloise, le ministre de l'Emploi vient d'entamer une série de tables rondes avec les secteurs concernés par les métiers en pénurie. Si ce débat revient régulièrement sur le devant de la scène, et pas uniquement en Belgique, c'est vraisemblablement parce qu'il n'est pas si simple de faire correspondre la demande d'emploi et les fonctions en pénurie.

"Quand je lis les rapports de l'OCDE, je remarque que les métiers concernés sont les mêmes un peu partout et que personne n'a trouvé de solution miracle. On entend beaucoup de slogans selon lesquels il suffirait de forcer les chômeurs à accepter des emplois ou d'augmenter les salaires. Mais certains métiers en pénurie sont bien rémunérés. D'autres aspects entrent en jeu comme les horaires, le stress au travail, la compatibilité avec la vie de famille...", énumère Bernard Clerfayt (DéFI).
 

Dans la capitale, les secteurs les plus concernés sont l'horeca, la construction, le transport et la logistique, le numérique, les industries technologiques et le secteur des soins à la personne. Pour un total de plus de 5.000 emplois à pourvoir. À titre d'exemple, on comptait 570 postes vacants dans l'horeca en mai 2022 pour 7.478 chercheurs d'emploi inscrits dans ce secteur. Dans le secteur de la construction, le nombre de postes vacants s'élève à 783 à la même période pour 4.447 personnes désireuses de travailler dans ce domaine. Des chiffres interpellants puisque les emplois et les candidats sont donc bel et bien là.

"C'est parce qu'on regarde les secteurs et les chiffres dans leur globalité. Mais dans l'horeca, il y a des dizaines de métiers différents. Ce ne sont pas forcément les 'top chefs' qui manquent, mais les collaborateurs de fast-food, les commis de cuisine et de salle, les plongeurs... Dans la construction, le métier le plus recherché est chauffagiste. Or, cela nécessite une formation importante. Nous n'avons pas un défi d'emplois à Bruxelles, mais un défi de compétences", résume Bernard Clerfayt.
 

Après une première table ronde consacrée à l'horeca ce jeudi, des rencontres sont prévues pour la construction, la logistique, le numérique et les industries technologiques. À chaque fois, on retrouvera autour de la table Actiris, Bruxelles Formation, l'Instance bassin enseignement formation emploi, les partenaires sociaux du secteur concerné et le pôle formation-emploi ou le centre de référence.

Sortir des postures

Conscient que le concept de "table ronde" est un peu galvaudé, le ministre régional ne promet pas de résoudre tous les problèmes. Son but est d'encourager tous les acteurs à sortir de la posture pour trouver des solutions pragmatiques. "Ce qui m'a étonné à mon arrivée, c'est le manque de confiance entre partenaires malgré les nombreux lieux de concertation en Belgique. Actiris se plaignait des patrons qui n'envoyaient pas leurs offres d'emploi tandis que les patrons estimaient qu'on ne leur envoyait pas les bons profils ou que les formations n'étaient pas adaptées. Je veux que ces gens se parlent, les yeux dans les yeux."

Selon lui, des pistes intéressantes, qui doivent encore être affinées avant de faire l'objet d'un engagement, sont sorties de la première réunion horeca. Cela va de l'organisation d'un salon pour montrer la diversité des métiers à la possibilité de faire évoluer les horaires et les shifts des employés, en passant par la possibilité de corriger certaines conditions de la Formation professionnelle individuelle en entreprise (FPIE). La rédaction des offres d'emploi fut aussi épinglée. "Chercher le mouton à cinq pattes et réclamer plusieurs années d'expérience, c'est rédhibitoire. Alors que les patrons le disent eux-mêmes, ils veulent juste des personnes motivées à former!"

Source : Bruxelles a entamé sa tournée des secteurs en pénurie | L'Echo (lecho.be)